A l’occasion de la parution de l’article « Les Enfants du nadaïsme »

Luis Ernesto au micro, en présence de Jotamario Arbelaez (au milieu)

… dans le N°5 de la revue Des Pays habitables, la librairie CIEN FUEGOS 11, rue Saint Blaise 75020 Paris et Boris Monneau, le traducteur de Maria de Las Estellas et de Luis Ernesto Valencia, qui avait été surnommé le Gigolo des Dieux, organiseront des lectures bilingues (espagnol-français) des poèmes des deux auteurs colombiens SAMEDI 25 JUIN 2022 à 17 heures.

De jeunes enfants sont également pressentis pour lire des poèmes.

En attendant ce beau samedi, voici un petit extrait d’un texte-portrait rédigé par Jotamario Arbeláez, pour présenter le Gigolo des Dieux :

L’INATTENDUE RÉSURRECTION DU GIGOLO

par Jotamario Arbeláez

À Cali atterrirent les prophètes nadaïstes de tous les horizons pour entonner leurs psaumes à la guitare électrique au festival d’avant-garde. C’était en 1967. Il était là du haut de ses 8 ans, sur l’estrade du Stade Pascual Guerrero, plein jusqu’aux drapeaux de jeunes pacifistes, chantant au micro l’hymne de guerre du nadaïsme contre la guerre : « Ne tue pas les coquelicots ». Elmo avait composé cet hymne qui serait notre « Internationale » lorsque nous prendrions possession du globe.

Ses paroles étaient les suivantes :

S’il faut faire la guerre / toi tu vas au Vietnam / moi je vais sur la colliiine. / S’il faut lutter / n’oublie pas de prendre / les mitrailleuuuses. / S’il faut se battre / un-deux devant la mer / mais jamais au bout de la fiiile. / Mon capitaine / fais gaffe de ne pas tuer / mes précieux coquelicooots. / Tata tata tatin / je prendrai le fusil / tata tata tatin / la sonnerie a sonné. (bis).

Mais avant de commencer à chanter, notre petit ami, au milieu d’un silence assourdissant, improvisait en rafale ses auto-présentations :

Je m’appelle Luis Ernesto Valencia et ce que j’aime le plus c’est manger de la grêle. J’ai commencé à écrire récemment ; mais j’ai écrit plus que Tarzan pendant toute sa vie. Pour la toux, et pour éterniser l’essence des fusées, rien de tel qu’un peu d’urine. Je demande au public responsable de s’accrocher aux sièges et de ne pas s’effrayer, parce que je vais commencer à parler et vous allez devenir tout bleus. Je signerai un autographe à ceux qui me le demanderont, mais je garde le stylo.

(…) C’était un enfant de la campagne qui arriva en ville et rencontra l’irrationnel nadaïsme. Nous lui apprîmes tous quelque chose, jusqu’à en faire une bombe à retardement. Il partagea pendant deux années l’amour et la fureur de nos actions. Je le vois encore sur les épaules d’Evtuschenko qui l’adorait, l’ours russe dans le bar de l’Hôtel Alférez Real de Cali, entre Gonzalo Arango et Dora Franco, lui chantant ses poèmes et lui posant des questions sur les chaussures de Nikita Krouchtchev (…)

(Extrait du prologue à El Gigolo de los Dioses. Ediciones Embalaje. Museo Rayo. Roldanillo. 1988.)

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